Chronologie · première période
1990-1999
La décennie ne produit pas une application web, elle produit les six pièces sans lesquelles aucune n'existerait : une façon d'adresser un document, une façon de le transporter, une façon de le décrire, une façon de renvoyer une saisie au serveur, une façon d'exécuter du code dans la page, une façon de la mettre en forme sans la réécrire.
Ces pièces arrivent dans le désordre et se stabilisent en fin de période. En mars 1999, tout ce qui servira à construire les interfaces des dix années suivantes est déjà là, mais personne ne l'utilise encore ensemble.
19901 repère
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Premier échange entre un client et un serveur HTTP
Au CERN, un navigateur et un serveur écrits pour l'occasion communiquent pour la première fois. Les trois inventions tiennent ensemble : une adresse (l'URL), un protocole de transport (HTTP), un format de document (HTML). Aucune des trois n'est utile seule.
Protocole
19911 repère

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Le projet World Wide Web est annoncé sur le forum alt.hypertext
Le message décrit le projet, explique à quoi il sert et donne l'adresse du serveur pour l'essayer. Le web devient un objet public, que n'importe qui peut installer sans autorisation ni licence.
Protocole 7 min de lecture
19933 repères
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Mosaic 1.0, premier navigateur graphique largement diffusé
Mosaic affiche les images dans le flux du texte et s'installe sur les systèmes courants de l'époque. Le web cesse d'être réservé à ceux qui savent compiler un logiciel.
Navigateur
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Le CERN place les logiciels du web dans le domaine public
La décision porte sur le code du serveur, du client et de la bibliothèque associée. Elle supprime la question qui bloquait l'adoption : personne n'aura à payer de redevance pour publier ou pour lire.
Droit
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La Common Gateway Interface fait entrer les programmes dans le serveur
CGI définit comment un serveur transmet une requête à un programme externe et récupère sa sortie. C'est la première convention qui autorise une réponse calculée plutôt qu'un fichier lu sur disque.
Architecture 8 min de lecture
19952 repères

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HTML 2.0 (RFC 1866) normalise le formulaire
L'élément
form, les champs de saisie et les deux méthodes d'envoi entrent dans un document de référence commun. Un même formulaire fonctionne désormais quel que soit le navigateur qui l'affiche.Norme
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Netscape et Sun annoncent JavaScript
Le langage est présenté comme un complément destiné aux auteurs de pages, pas aux développeurs d'applications. Il servira pourtant de socle à toutes les interfaces web qui suivront.
Langage 8 min de lecture
19961 repère
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Internet Explorer 3.0 embarque son propre dialecte, JScript
Deux implémentations proches mais non identiques cohabitent. La conséquence dure quinze ans : écrire une page revient à écrire deux fois le même comportement, puis à tester lequel des deux s'applique.
Navigateur
19972 repères
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HTTP/1.1 (RFC 2068) : connexions persistantes et en-tête Host
Une même connexion peut servir plusieurs requêtes, ce qui divise le coût d'une page riche en images. L'en-tête
Host, lui, permet d'héberger plusieurs sites sur une seule adresse réseau : sans lui, l'hébergement mutualisé n'existerait pas.Protocole
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Le langage du navigateur est normalisé sous le nom ECMAScript
La première édition d'ECMA-262 sort le langage du contrôle d'un seul éditeur. Les deux dialectes de 1996 ont désormais une référence commune vers laquelle converger.
Norme
19981 repère
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CSS 2 devient recommandation du W3C
La mise en forme sort du document. Le même contenu peut être présenté autrement selon le support, ce qui rendra possible, douze ans plus tard, une page unique adaptée à toutes les largeurs d'écran.
Norme
19991 repère
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Internet Explorer 5.0 introduit XMLHTTP
Le composant permet d'envoyer une requête depuis la page et d'en traiter la réponse sans recharger l'écran. Il est d'abord conçu pour un usage interne à la messagerie web de son éditeur ; il faudra six ans pour que la technique porte un nom.
Architecture 9 min de lecture
Ce que chaque brique a rendu possible
| Brique | Date | Ce qui devient possible |
|---|---|---|
| URL, HTTP, HTML | 1990 | Adresser un document et le relier à d'autres |
| CGI | 1993 | Répondre différemment selon ce que le visiteur envoie |
| Formulaire HTML 2.0 | 11/1995 | Saisir des données dans la page et les transmettre |
| JavaScript | 12/1995 | Réagir dans la page sans repasser par le serveur |
| CSS 2 | 05/1998 | Changer la présentation sans toucher au contenu |
| XMLHTTP | 03/1999 | Charger des données pendant que la page reste affichée |
Aucune de ces six briques n'a été conçue pour fabriquer des applications. Elles ont été détournées vers cet usage par ceux qui les employaient. C'est la règle qui revient le plus souvent dans cette chronologie, et elle se vérifie encore dans la décennie suivante, où l'assemblage de ces pièces prend enfin un nom.
Entre 1990 et 1999, l'électronique embarquée gagne les voitures de série : calculateurs d'injection, capteurs de pression et diagnostics par prise OBD deviennent courants. Cette décennie pose aussi les bases de la préparation des moteurs suralimentés, où la cartographie du calculateur détermine le comportement du turbo autant que les pièces mécaniques. Comprendre la lecture des maps ECU, les protocoles OBD et le rôle de la pression de suralimentation aide à situer ces évolutions. La note sur les pièces d une préparation détaille cartographie moteur, capteurs et arbitrages pour un moteur turbo.
La décennie 1990 voit aussi l'électronique gagner le compartiment moteur : les calculateurs remplacent progressivement les réglages mécaniques, et la reprogrammation devient une opération logicielle. Cette évolution prolonge les travaux menés depuis les années 1980 sur l'injection électronique et la gestion moteur. La note « Reprogrammation moteur : calculateur, stages et cadre » détaille la cartographie sur mesure ou générique, les accès OBD, Bench et Boot, ainsi que les stage 1 et stage 2, avec les gains, l'E85, les prix, la garantie et le contrôle technique.
Entre 1990 et 1999, la messagerie instantanée se structure autour de protocoles ouverts et de serveurs reliés entre eux. Jabber, lancé en 1999, propose une architecture décentralisée où chaque domaine héberge ses comptes et échange des stanzas avec les autres. Cette approche, devenue XMPP, repose sur un identifiant de type utilisateur@domaine, des listes de contacts et des souscriptions, puis sur des serveurs comme ejabberd, Prosody ou Openfire configurés avec DNS et TLS. La note sur le serveur XMPP fédéré détaille l'ouverture de session, les stanzas message, presence et iq, ainsi que la construction du JID.