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La Trame

Chronologie des applications en réseau · 1990-2025

Repère du

Le responsive web design en trois ingrédients

Grille fluide, images souples, requêtes de média : un article de mai 2010 assemble trois techniques existantes en une méthode, et met fin à la pratique dominante du site mobile séparé.

Méthode 2010 8 min de lecture

Le texte publié par Ethan Marcotte le 25 mai 2010 emprunte son image à l'architecture : un bâtiment qui s'adapte au passage de ses occupants. Appliquée à une page, l'idée est simple à énoncer et coûteuse à admettre : la largeur de l'écran n'est pas une donnée que l'on choisit, c'est une donnée que l'on reçoit.

Ce que l'on faisait avant

La pratique dominante consistait à publier deux sites. L'un pour les écrans larges, l'autre pour les téléphones, souvent hébergé sur une adresse distincte commençant par un m. Le serveur examinait la signature du navigateur et redirigeait vers l'une ou l'autre version.

  • Deux contenus à tenir à jour, donc deux occasions de se contredire.
  • Des liens partagés qui renvoyaient vers la mauvaise version, souvent vers l'accueil.
  • Une liste d'appareils à maintenir, périmée à chaque sortie de modèle.
  • Un référencement dispersé sur deux adresses pour un même contenu.

Les trois ingrédients

Les trois ingrédients : 25/05/2010 : le responsive web design en trois ingrédients
Grille fluide
Les largeurs sont exprimées en proportions plutôt qu'en pixels fixes. Une colonne occupe un tiers de la place disponible, quelle que soit cette place.
Images souples
Une image ne dépasse jamais la largeur de son conteneur. Sans cette règle, une seule photographie trop large fait déborder la page entière sur un téléphone.
Requêtes de média
Des règles de style conditionnelles, appliquées seulement au-delà ou en deçà d'une certaine largeur. C'est ce qui permet de passer de trois colonnes à une seule sans changer de page.

Le quatrième ingrédient, souvent oublié

Sur un téléphone, le navigateur simule par défaut un écran large puis réduit le tout, ce qui rend le texte illisible. Une déclaration placée dans l'en-tête du document lui demande de prendre la largeur réelle de l'appareil. Sans elle, les trois autres ingrédients ne servent à rien : la page est bien adaptative, mais personne ne le voit.

Même page web affichée sur un écran large et sur un téléphone posés côte à côte sur un bureau, la mise en page passant de trois colonnes à une seule.
Un seul document, deux organisations. Ce qui change n'est pas le contenu mais l'ordre dans lequel il se présente et la place qu'il occupe.

Pourquoi cinq ans avant la généralisation

Les requêtes de média ne sont pas comprises par le navigateur encore majoritaire en 2010, ce qui oblige à prévoir une mise en page de repli. Il faut ensuite convaincre les équipes de conception d'abandonner la maquette à largeur fixe, unité de travail depuis quinze ans. La bascule économique arrive en 2015, quand le confort de lecture sur téléphone devient un critère de classement dans les résultats de recherche : à partir de là, la discussion cesse d'être esthétique. Pour un commerce de ville, c'est encore aujourd'hui le premier point à contrôler sur son propre site, avant même d'écrire une page par service, comme le rappelle la note sur le SEO local d'un commerce à Montluçon.

Deux réponses au même problème, comparées sur cinq critères
Critère Site mobile séparé Page unique adaptative
AdresseDeux adressesUne seule
ContenuSouvent réduitIdentique
Lien partagéPeut mener à la mauvaise versionToujours valable
MaintenanceDeux bases de codeUne seule
Nouvel appareilDétection à mettre à jourRien à faire

Ce que la méthode ne résout pas

Ce que la méthode ne résout pas : 25/05/2010 : le responsive web design en trois ingrédients

Une page adaptative reste une page unique : par défaut, elle envoie le même poids à un ordinateur relié à la fibre et à un téléphone en bord de réseau. La mise en page s'adapte, pas la facture. Trois compléments sont arrivés depuis pour traiter ce qui manquait.

  • Les images à plusieurs résolutions, qui laissent le navigateur choisir le fichier adapté à l'écran, généralisées au milieu des années 2010.
  • Le chargement différé des éléments hors écran, devenu une simple mention dans la balise à partir de 2019.
  • Les requêtes de conteneur, qui règlent la mise en forme d'un bloc selon la place dont ce bloc dispose et non selon la fenêtre entière, disponibles dans les principaux navigateurs à partir de 2022 et 2023.

Précisions de datation

  • 25/05/2010 : date de publication de l'article qui nomme la méthode.
  • 2015 : le confort de lecture sur téléphone devient un critère de classement dans la recherche.
  • Les dates de disponibilité des compléments varient selon les navigateurs ; seules les années sont retenues.

Dans le même mouvement

Le repère qui rend le téléphone incontournable, celui qui donne au site les attributs d'une application, et la période où la performance devient chiffrée.

Les trois ingrédients du responsive web design, grille fluide, images souples et requêtes média, ont été décrits par Ethan Marcotte en 2010. Ils restent utiles pour tout site qui doit s'afficher sur des écrans de tailles différentes, y compris ceux dont l'activité repose sur une prise de contact qualifiée. La marque d'un élevage canin se construit de la même manière : un positionnement lisible, un site orienté qualification, des avis et un questionnaire de candidature. La note détaille comment structurer cet ensemble, du message principal aux demandes reçues.

Le direct impose à l'image des contraintes que le web classique ne connaît pas : la chaîne de signal doit rester synchronisée de bout en bout, et chaque arbitrage de latence se paie ailleurs. Une note publiée sur La Trame détaille ce que cela change, du calcul de recul en salle à la vidéo pilotée par le son, et ce qu'il reste à vérifier. Elle éclaire un aspect de l'image en direct que les trois ingrédients du responsive ne traitent pas : image en direct.

  1. Un navigateur de bureau entre dans un téléphone

  2. Répondre même sans réseau

  3. Trois mesures communes pour l'expérience de chargement